Grèce: Ce que la dernière décision Interministérielle pour les personnes non assurées apporte de nouveau

DISPENSAIRE SOCIAL MÉTROPOLITAIN D’ELLINIKO

COMMUNIQUE DE PRESSE, du 14 avril 2016

Source : http://www.mkiellinikou.org/blog/2016/04/14/kya

 

Une semaine après la publication de la nouvelle Décision Interministérielle  Α3 (γ)/ΓΠ/οικ.25132, concernant l’accès au système de santé des personnes non assurées, en vertu de la récente loi  (4368/2016) à laquelle  elle se réfère, nous disposons davantage de données pour pouvoir en faire une évaluation.

Les  éléments positifs en sont : l’abrogation des commissions tripartites, l’abrogation de la déclaration de reconnaissance de dette pour hospitalisation, la possibilité  pour quelques patients non assurés de faire des examens diagnostiques dans les structures publiques et la possibilités pour quelques rares patients non assurés de recevoir gratuitement leurs médicaments.

Il ne s’agit cependant pas d’une solution pour un accès aux soins UNIVERSEL et GRATUIT des patients non assurés, pour les raisons suivantes :

 

1   EXAMENS DIAGNOSTICS : Accès seulement aux structures publiques. Cela signifie une possibilité d’accès pour un petit nombre de  non assurés parce que presque toutes  les Structures Publiques de Soins Primaires (PEDY) sont dramatiquement sous équipées et que dans de nombreuses régions du pays les structures hospitalières manquent d’équipements de base tels que  scanner, IRM, etc…

Un exemple significatif : A La Canée (en Crète), il n’existe aucun dermatologue dans les structures publiques (seule option pour les non assurés : le privé) ; il n’y a qu’un seul endocrinologue à l’hôpital et aucun au PEDY. Il y a aussi au PEDY un manque de spécialités de base comme pédiatrie, cardiologie etc. il n’y a aucune possibilité de certaines analyses biochimiques fondamentales comme les hormones thyroïdiennes, INR pour ceux qui prennent des anticoagulants, etc.

Nous prenons en exemple la ville de La Canée parce qu’elle est en relativement bonne situation avec peu de manques et l’hôpital dispose de scanner et d’IRM. Il y a cependant un paradoxe : si un non assuré doit faire un IRM ou un scanner de la tête, par exemple, il faudra qu’un neurologue l’examine et lui fasse une ordonnance électronique. Quel neurologue ? Il n’en existe pas au PEDY de La Canée.

Maintenant, dans une ville dont l’hôpital ne dispose pas de scanner ou d’IRM, et il y en a beaucoup, où vont aller les patients non assurés ?

 

2   PRISE EN CHARGE DES MÉDICAMENTS : La possibilité de prescription électronique pour les non assurés existe depuis l’été 2014. Ce qui n’existait pas était la possibilité pour ces patients de diminution ou de suppressions du coût du médicament.

Avec la nouvelle loi il est donné la possibilité à un très petit nombre de patients de ne plus avoir de reste à charge pour les médicaments.

Mais les critères de revenus annuels sont trop restrictifs et nous nous abstenons de les commenter : 2.400 euros pour personne seule, 6.000 euros pour famille avec quatre membres à charge ou une famille monoparentale avec cinq membres à charge.

La plupart des patients non assurés continueront donc à se tourner vers les Dispensaires Sociaux et si cette possibilité n’existe pas continueront à ne pas prendre leurs médicaments, avec les conséquences désastreuses que nous connaissons déjà : augmentation du taux des maladies et de la mortalité.

 

3   RADIOTHERAPIE : le délai d’attente moyen dans le public pour une radiothérapie est de quatre mois (alors que le temps de doublement d’une masse cancéreuse est de 3 mois, NdlR). Les malades du cancer non assurés n’ont ni le droit ni la possibilité de faire ces radiothérapies dans des structures privées, remboursées par l’Etat. Ils sont donc obligés d’attendre leur tour avec de nouveau les conséquences désastreuses connues pour leur santé et leur vie.

 

4   FINANCEMENT : Le budget des dépenses médicales et pharmaceutiques pour les patients non assurés n’est que de cent millions d’euros, ce qui est dramatiquement faible.

 

CONCLUSIONS :

1)        Il n’est pas garanti d’accès aux soins  UNIVERSEL, ni bien sûr GRATUIT.

2)        Les délais d’attente aux hôpitaux publics pour les examens diagnostics augmenteront énormément, avec comme conséquence de retarder d’autant les diagnostics et les soins, des personnes non assurés qui n’ont pas d’autres choix, mais aussi pour les assurés qui n’ont pas les moyens de payer le reste à charge chez les médecins conventionnés avec EOPYY (Organisme National pour l’offre de Services de Santé, caisse d’assurance-maladie qui gère aussi des structures de soins primaires dites PEDY).

3)        La majorité des patients non assurés vont continuer à ne pas prendre leurs  médicaments ou auront des difficultés d’accès.

4)        Nous pourrons évaluer la réelle portée de mise en place de la  couverture gratuite de l’hospitalisation des personnes non assurés dans quelques mois.

 

Cette loi ne  fait malheureusement qu’un tout petit pas et les effets sur la santé publique que relèvent les indicateurs de taux de maladie et de mortalité continueront à être désastreux. L’austérité tue !

 

Note importante :

Cela fait déjà une semaine que la loi est passée et dans les PEDY les médecins n’ont pas la possibilité de délivrer les bons informatisés d’examens diagnostiques (prévus par la Décision Interministérielle, NdR).

 

DISPENSAIRE SOCIAL MÉTROPOLITAIN D’ELLINIKO

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s